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Il faut lire tout Goliarda Sapienza qui a été traduite en français par Nathalie Castagné et publiée chez Viviane Hamy. Son roman, L’art de la joie, a été écrit de 1967 à 1976 et est paru après la mort de Goliarda, tombée accidentellement en 1996 dans l’escalier de sa maison de Gaeta au sud de Rome. Ses récits autobiographiques : Lettre ouverte, Le fil d’une vie, Certitudes du doute sont publiés de son vivant et forment une « archéologie »  de Goliarda comme le dit sa traductrice. Goliarda ramasse les débris épars d’une histoire et d’un être à reconstruire. C’est une sorte de traversée des profondeurs.
Quel est le sens du titre de ce roman ?
L’Art relève du savoir, c’est une méthode, une discipline, un savoir-faire, un ensemble de règles d’action. La Joie est un sentiment exaltant ressenti par toute la conscience, une jubilation, un plaisir et la grande satisfaction d’une personne qui n’est sous aucune dépendance. Le roman parcourt environ 60 ans d’une Italie en guerre, fasciste et se situe dans un milieu qui cultive anarchisme et communisme. Modesta, l’héroïne, est hors du commun, elle agit toujours en femme libre. C’est une princesse qui travaille, lit, étudie, se montre audacieuse. Elle vieillit, avance vers la mort sans perdre sa lumière. Modesta connaît la pauvreté dans son enfance, l’église dans son adolescence quand un couvent la recueille, la bisexualité, le communisme, la maternité  – alors que Goliarda n’aura pas d’enfants -, la prison. Elle est curieuse de tout et de tous, de son corps, de la mer, …. L’écriture est subtile, mêlant l’italien au dialecte sicilien. Des pages de pure poésie décrivent la Sicile, la campagne chaude, les olives, Catane et la mer.

Colette Aubourg