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La fin des régimes communistes satellites et la transition vers la démocratie 

En Hongrie, le Parti socialiste ouvrier hongrois entreprit dès 1987 des réformes économiques et politiques. En 1988 János Kádár fut remplacé par le communiste réformateur Miklós Németh. Le 2 mai 1989, la Hongrie ouvrit le rideau de fer et le 23 octobre, la République populaire se transforma en République. En Pologne, Tadeusz Mazowiescki forma un gouvernement non communiste de transition, le 1er janvier 1990 la nouvelle République fut proclamée et le 9 décembre 1990, Lech Wałęsa fut élu président. Les Républiques soviétiques baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie s’étaient déclarées indépendantes dès 1989, mais leur indépendance fut reconnue par le gouvernement russe seulement le 4 septembre 1991. Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tomba et le 16 novembre commença le changement de gouvernement en Tchécoslovaquie. Le 28 décembre, Václav Havel fut élu président. La séparation en deux états, la Tchéquie et la Slovaquie, entra en vigueur le 31 décembre 1992. En Roumanie, le dictateur national-communiste Ceaușescu fut renversé par des communistes réformateurs le 22 décembre 1989. En Bulgarie, toujours fidèle à l’Union soviétique, la transition commença avec la chute de Jivkov le 10 novembre 1989 et les premières élections pluripartites pour une assemblée constituante eurent lieu en avril 1990. En Albanie, le gouvernement s’était ouvert très timidement aux réformes. En 1992, le parti démocrate gagna les élections et Sali Berisha fut élu président.

L’OTAN et l’Union Européenne

L’OTAN était une alliance défensive pour protéger l’Europe de l’Ouest contre le communisme soviétique. La Norvège et la Turquie en étaient membres et possédaient les bases les plus proches de la Russie. L’URSS avait formé comme contrepoids le Pacte de Varsovie et l’Europe de l’Est et de l’Ouest étaient le lieu d’une guerre froide avec une confrontation militaire toujours proche du conflit. La fin de l’Union Soviétique et de l’empire communiste bouleversa tout. Le président des États-Unis, George Bush et son administration réagirent tout de suite et commencèrent des pourparlers avec les nouveaux États pour qu’ils adhérent à l’OTAN. Pour ces États, c’était la garantie d’une protection contre une revanche possible de la Russie. En même temps et sous une certaine pression américaine, l’Union Européenne leur offrit une rapide adhé-sion. L’OTAN fut élargi en deux tranches en 1999 et 2003, l’extension de l’UE date de 2004 et 2007. L’adhésion à l’UE semblait logique et prometteuse pour l’avenir : une union économique garantissant une certaine prospérité et une communauté de paix, de droits et de valeurs. L’élargissement de l’OTAN offrait la sécurité, mais mettait à jour un décalage militaire énorme au détriment de la Russie qui se sentait encerclée par ses adversaires. Les évènements en Ukraine sont le reflet de cette situation.

La crise en Yougoslavie

La Fédération yougoslave de Tito connaissait après 1945 un grand succès économique et politique. Une société traditionnelle et agricole se transforma en quelques années en une économie industrialisée avec une scolarisation généralisée et des possibilités de formation professionnelle et universitaire. La nouvelle industrie était socialiste et planifiée, mais avec une autonomie locale et une participation des ouvriers et des cadres, les petits agriculteurs et les artisans restaient libres et indépendants. La république fédérale avec Tito comme président à vie était responsable de la politique extérieure, de l’armée et du cadre général, les gouvernements des six républiques de la culture, de l’enseignement, des universités et de l’administration. Mais après 1970, l’industrie entra en récession et à cause du chômage, beaucoup de Yougoslaves cherchèrent alors du travail à l’étranger, surtout en Allemagne de l’Ouest. Les différences entre la Slovénie, la plus productive et la plus riche des républiques, et le Kosovo, la région la plus pauv-re, s’aggravèrent. Les républiques riches ne voulaient plus payer pour les pauvres. Avec la réforme de la Constitution de 1974, les républiques gagnèrent plus d’influence au détriment de la confédération, il s’en suivit une décentralisation et les échanges économiques entre les républiques diminuèrent. Les langues se divisèrent : au lieu d’une langue serbo-croate avec différents dialectes et deux écritures, il y avait maintenant deux langues, le serbe et le croate.

Après la mort de Tito en 1980, les crises économiques et politiques s’accélérèrent. L’influence du gouvernement fédéral diminua et les gouvernements des républiques devinrent plus autonomes. Les Jeux Olympiques d’hiver de 1984 à Sarajevo furent l’un des derniers succès de la Fédération. Les religions, orthodoxe pour les Serbes, catholique pour les Croates et les Slovènes et musulmane en Bosnie devinrent un élément caractéristique de la nationalité. Le problème était que, sauf en Slovénie, aucune des républiques n’était de nationalité homogène : il y avait des Serbes en Croatie et en Bosnie, des Croates en Serbie et en Bosnie, une majorité albanaise dans le Kosovo serbe. La république de Bosnie-Herzégovine était la plus compliquée : 50% des Bosniaques étaient musulmans, 31% des Serbes orthodoxes, 16% des Croates catholiques.

Dissolution de l’État fédéral et guerres en ex-Yougoslavie

Slobodan Milošević, président de la Serbie depuis 1989, poursuivait une politique de regroupement des Serbes en un État. A la suite les élections pluripartites de 1990, il gagna avec une large majorité en Serbie, de même pour le nationaliste Franjo Tudjman en Croatie. En décembre, les Slovènes et les Croates votèrent par référendum pour l’indépendance et en juin 1991, les deux États la déclarèrent. L’armée fédérale intervint dès juillet par des combats entre l’armée et les milices. Le 1er avril 1991, les Serbes de Croatie proclamèrent la République de Krajina et sa sécession de la Croatie. Ce fut le début d’une guerre sanglante en Croatie. Fin 1991, l’armée serbe assiégea pendant trois mois la ville de Vukovar. Début 1992 fut proclamé un cessez-le-feu sous contrôle de l’UNPROFOR, à la suite de quoi l’armée croate se renforça et en 1995, elle put regagner les territoires serbes de Croatie, après avoir torturé et commis des crimes. Pour finir, 200 000 Serbes croates s’enfuirent de Croatie en Serbie et 150 000 Croates serbes en Croatie. On estima qu’il y eut 20 000 morts de chaque côté.

En Bosnie, Alija Izetbegović, né en 1925, plusieurs fois emprisonné pour avoir voulu fonder un parti islamique, fut élu Président après les élections multipartites de 1990. Par un référendum tenu le 29 février 1992, les Bosniaques et les Croates votèrent à 99% pour l’indépendance, mais les Serbes de Bosnie boycottèrent le référendum et déclarèrent l’indépendance de la République Srpska en Bosnie, dirigée par Radovan Karadžić, les forces militaires étaient commandées par Ratko Mladic. Le siège de Sarajevo par les Serbes commença en avril 1992 et se termina seulement en décembre 1995. On estima qu’une moyenne de 350 obus furent tirés par jour et que 5000 civils furent tués à Sarajevo. Srebrenica était une ville située à l’est de Sarajevo, près de la frontière serbe, dans la République Srpska, mais habitée par des Bosniaques. Dès 1992, on les avait menacés de quitter la ville et l’ONU avait alors reconnu celle-ci comme zone de sécurité, protégée par 400 Casques Bleus néerlandais. Mais les Serbes attaquèrent la ville en juillet 1995, séparèrent la population civile et exécutèrent plus de 8000 hommes, tandis que les femmes étaient violées et expulsées. Après ce crime horrible, le Président Clinton, à Dayton en décembre 1995, força les adversaires à accepter un nouvel ordre public pour la Bosnie.

Le Kosovo était une province de Serbie, habitée à 90% par des Albanais jouissant de droits d’autonomie supprimés par Milošević en 1989. Depuis 1995, le gouvernement Milošević essayait de faire pression sur les Albanais au moyen de mesures administratives et militaires répressives. La répression devenant de plus en plus forte, l’OTAN demanda par ultimatum le retrait des militaires serbes et commença des bombardements ciblés en Serbie. En juin 1999, la Serbie se retira du Kosovo, mais elle n’accepte toujours pas son indépendance.

Les guerres en ex-Yougoslavie ont détruit l’économie et causé beaucoup de dommages et d’horribles atrocités. Les gouvernements actuels sont moins nationalistes et plus modérés.

L’Europe et le nouvel ordre

L’Union européenne avait bien compris qu’elle devait plus soutenir les États de l’Europe de l’Est. Elle commença immédiatement par des négociations et des aides. Mais les évènements en Ex-Yougoslavie avec leurs guerres civiles et nationalistes à ses portes l’embarrassèrent fortement. En 1993, le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie fut installé par l’ONU à la Haye et il a réussi à éclaircir et juger les plus grands crimes. L’UE a joué un rôle important en neutralisant les nationalismes et elle s’est transformée elle-même avec ses nouveaux membres non seulement économiquement, mais aussi dans sa conception des valeurs démocratiques et du rôle de la nation. C’est une grande chance pour l’Europe et pour ses membres, mais l’intégration de bientôt trente membres très différents reste un devoir et un défi.

Hansjorg Frommer

9 octobre 2020

Bibliothèque de Rousset-les-Vignes